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 Au goût de la patience (suite)

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Ezéchiel
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MessageSujet: Au goût de la patience (suite)   Mer 30 Avr - 13:59

Ezéchiel évoluait dans un dédale de ponts de bois qui se croisaient et se recroisaient, certains, assurément les plus vieux, menaçaient de s’effondrait au premier malchanceux qui le foulerait de ses pas. Henaïm, accueillant nombres de voyageurs prenait soin d’entretenir et de rendre présentable la majeure partie de ses ruelles suspendues, mais fautes de moyens et de temps, les moins utilisées étaient laissées aux oubliettes, pour le grand bonheur des enfants et de certaines activités loin d’être recommandables… Il était arrivé à l’un des coins reculés du village…Comparable aux profondeurs des villes habituelles, ou l’on trouverait la véritable âme des lieux, excepté qu’en ce cas présent, ce cœur palpitant se retrouvait perché et perdu dans le labyrinthe des pontons…
Sa tignasse noire comme une nuit sans lune oscilla sous une douce brise rafraîchissante. A cette hauteur, on pouvait commencer à distinguer entre les façades de bois qui s’espaçaient de plus en plus, l’infinie étendue des collines mouvantes. De sa place, Zech ne put que comprendre pourquoi on appelait cette partie du monde les collines mouvantes…Au delà des lumières vives émanant du village des voyageur, prenant vie avec l’heure déclinante, les deux lunes jetaient un hale fantomatique sur les hautes herbes du relief…Comme animé d’une vie propre, la verdure ou l’on s’enfonçait facilement jusqu'à mi cuisse, tel un explorateur dans une jungle vierge, se mouvait dans une synchronisation d’une étonnante exactitude…S’arrachant à la mystérieuse captivité qui s’emparait des rares spectateurs prenant le temps de contempler le spectacle de cette nature à part (comme le reste de ce monde de toute manière), Eze releva ses cheveux noirs vers le ciel. Ebouriffés et en bataille, ils barraient son front et ses joues. Les yeux habituellement d’un gris translucide de l’enfant étaient parcourus d’étranges lueur bleutées, donnant à son visage ciselé une profondeur pleine de mystère. Dans le ciel maintenant insondable, impossible de déterminer ce qu’il semblait attendre…Mais après quelques minutes à peine, un cri strident suivit d’une ombre imposante amenèrent un sourire espiègle au gamin. Une ombre imposante se détacha de la pénombre. Un grand aigle aux plumes sombres vint se poser sur la plate forme ou se trouvait Ezéchiel. Ce dernier accueillit **** avec un petit mulot sortit de sa sacoche. Il avait pensé à son fidèle compagnon lors de sa traversée de la plaine des quatres vents…La créature intimant le respect redéploya presque aussitôt ses longues ailes et reprit son envol. Elle plana quelques minutes au dessus d’Henaïm dans un cri de remerciement avant de disparaître comme il était arrivé. La rencontre avait été brève, comme toute droite sortie d’un rêve…Ezéchiel avait recueillit l’animal peu après sa fuite et après l’avoir soigné, il s’était avéré que *** devait être reconnaissant envers le gamin… En effet, il se chargeait de combler ses rares moments de solitude, apportant le réconfort nécessaire à cet enfant qui comme tout autre possédait des peurs et des craintes…Le lutin s’étant assuré que tout allait bien pour cet animal bien plus humain que certaine personne, désormais son seul ami, entreprit de replonger vers les pontons principaux, bien plus bas. Le vent se mit à souffler plus fort transformant les ponts suspendus situés au sommet en balançoires. Zech ne put réprimer un sourire de bonheur…L’adrénaline qui lui emplissait les veines en se sentant ainsi ballotté était incomparable. Après de longues minutes à se fier à son instinct pour son orientation, il réapparut dans toute son apparente fragilité angélique d’enfant…Masque qu’il n’hésitait pas à utiliser en toute occasion.
Au carrefour d’un ponton principal, une foule, toute chose étant relative lorsque l’on se retrouve sur des ponts de singes, s’était formée, obstruant au regard d’Eze ce qui se passait de l’autre coté. Usant de sa silhouette maigrelette, il fit jouer ses coudes avec une force insoupçonnable au premier regard. Après un court effort, il se retrouva au premier rang, face à une bande de bohèmes sûrement de passage dans le village et qui en profitait pour remplir leur poche… Un très jeune enfant marchait sur les filins qui empêchaient toute chute fatale des pontons, tandis qu’un autre, à peine plus âgé que Zech se contorsionné sur les planches… Dégoutté par les rires moqueurs qui fusaient de la populace, il piocha une poignée de sous dans la bourse « empruntée » et la balança avec un grand sourire espiègle dans un vieux chapeau. Puis il rebroussa chemin…
Un choix s’imposait désormais à lui ; continuer d’errer de plate forme en plate forme à la recherche d’on ne savait trop quoi, ou aller se restaurer… Un gargouillement pris la décision pour lui. La seule auberge qu’il connaissait était l’auberge du voyageur qui se trouvait, si ses souvenirs étaient exacts, au détour de la prochaine fenêtre opaque…Sa mémoire lui faisait rarement défaut, et se chargeait d’enregistrer, sans même qu’il n’en ai conscience, les moindres détails, aussi insignifiants qu’ils puissent paraître. Comme il s’y attendait, un large ponton s’offrit à son regard espiègle. Ce dernier devait être l’un des plus fréquenté d’Henaïm. Le gamin, pieds nus et à l’allure de prince des voleurs s’y engouffra sans hésiter.
La salle était bondée et bruyante… On y trouvait à coup sur le plus grands éventails d’origines… Qui était ici juste pour boire un coup en compagnie de quelques habitants à qui profitait cette affluence, qui se trouvait là pour plusieurs jours… Ezéchiel s’avança vers le comptoir obstrué par quelque ivrogne ayant perdu la conscience du temps. Affichant son éternel air mystérieux et espiègle, il laissa tomber quelques pièces sur le bois taché par l’alcool… Le tintement amena le tavernier. Ce dernier détailla d’abord cet inconnu haut comme trois pommes, mais se retint de tout commentaire à la vue des deniers.

« Qu’est ce que j’vous sert l’ami ?
Une peinte et une soupe du jour siouplait »

La commande ne se fit pas attendre. On devait être à l’affût dans les cuisines… Le gamin au jambes à moitié nue releva la tete pour chercher une place. La taverne, gigantesque s’étendait sur trois mezzanine en plus du rez de chaussé. Les deux derniers étages invisibles, étaient réservés aux chambres. Bien qu’il aurait volontiers
Gravit les marches usées, il dut se restreindre à une place coincée sur le coté du comptoir. Les effluves de tabac d’alcool et de relents humains ne semblait pas le perturber. En vérité, l’enfant avait l’habitude de ces lieux aux odeurs marquées. Tranquillement, savourant chaque bouchée de cette soupe aux composants inconnus Eze fit abstraction de son environnement, la chaleur de ce repas chaud l’emplissant de quiétude. Oubliant dans ce luxe les règles qu’il s’était lui même imposé, notamment celle de ne jamais se laisser surprendre, il ne remarqua même pas la jeune femme à quelques mètres à qui il avait volé la bourse dans laquelle il restait désormais tout juste de quoi se payer une chambre.
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Denelyss
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Dim 4 Mai - 1:04

Un temps interminable semblait s'être écoulé, sans que personne ne vienne déranger la demoiselle. Elle était toujours légèrement vêtue, mais elle avait retroussé sa capuche, ce qui laissait ses longs cheveux châtains suivre la ligne de son dos jusqu'au rebord du tabouret grossièrement taillé. Le tissu fin et violacé, qui paraissait d'un gris rouillé sous la faible lumière de l'auberge, laissait vue sur ses cuisses nues, les jambes courbées, les pieds croisés posés sur le deuxième barreau de l'assise de la jeune femme. Elle chancelait de ci de là, grattant machinalement la table de bois massif de ses ongles. Ses lames bougeaient au rythme de la respiration de leur maîtresse, brillants d'un faible et timide éclat. Denelyss regardait autour d'elle, ses yeux verts semblaient aspirer la lumière, et, tranquillement, sereinement, elle buvait lentement son verre, toujours à moitié plein. Elle entendit quelqu'un entrer et tourna la tête, les charnières mal graissées y étant pour quelque chose. Elle qui avait le regard sur le haut de la porte pour aperçevoir le visage du nouveau venu, se trouva surprise de baisser les yeux pour tomber sur un jeune garçon de petite taille. Elle se prit à rire toute seule, jetant de furtifs regards au nouveau client. Il lui semblait l'avoir déjà vu, mais impossible de se rappeler où. Ou peut-être se trompait-elle... Elle baissa la tête et regarda son reflet dans le verre, troublé. Après avoir échangé quelques paroles avec le tavernier, il s'était installé tranquillement au bord du comptoir. Il semblait être habitué à ce genre d'endroit. Rien de bien intéressant de ce côté-ci, mais il l'intriguait, et elle ne savait pas pourquoi. Elle soupira et se frotta les mains d'un geste automatique. Puis elle laissa son doigt parcourir en cercle le dessus de son verre, produisant des crissements qui se voulaient assourdissants mais qui semblaient de loin la déranger. Son regard se perdit, les yeux à moitié dans le vide, aucune pensée traversant son esprit. Puis elle se prit à regarder à travers les carreaux, juste à côté d'elle, derrière une banquette cramoisie parsemée de tâches brûnes.
Le temps à l'extérieur s'était horriblement assombri, et il lui semblait même qu'il commencait à pleuvoir, à la vue de la buée sur les quelques fenêtres de l'auberge. Son regard vaguait des vitres, à son verre, aux ivrognes amassés sur leur tabourets ou leur table, puis de nouveau à son verre...
Secouant la tête, elle se ressaisit de sa rêverie et décida de réfléchir. Elle n'avait toujours pas payé son breuvage mousseux, et, c'était bien pire, elle avait toujours aussi faim. Elle regarda de nouveau autour d'elle, examinant les quelques hommes à qui elle pourrait peut-être demander une faveur... ou mieux, qui lui offriraient d'eux-mêmes ce qu'elle veut.
Des goutelettes s'amoncelaient sur la vitre devenue opaque, et le bruit de l'averse tentait desespérement de cacher les bavardages de l'auberge. Denelyss se leva, et, décidée, se dirigea vers le comptoir. Elle n'avait toujours pas choisit sa victime, mais il n'était pas question qu'elle retourne dehors avec ce temps, et encore moins affamée.
Elle prit place au côté gauche du jeune garçon sans y prêter attention, verre à la main, dos contre le comptoir, et fit semblant d'être à moitié saoul, ce qui éveilla l'attention du tavernier, tout souriant.
- Et bien demoiselle, vous voulez un autre verre, peut-être?
- Non mer'ci, monsieur, j'ai ce qui m'faut! dit-elle en désignant son verre, manquant de s'érafler avec son propre bracelet.
- Et puis, ils sont bien trop généreux avec moi, ajouta-t-elle en jetant un clin d'oeil aux hommes du fond de la salle.
Le tavernier partit en ricanant et entra dans l'arrière salle, un peu plus loin près des premières marches menant aux chambres. Denelyss cessa un instant sa comédie, perdant son sourire, et tourna la tête vers le garçon. Elle le dévisagea un peu plus longtemps et lança sur un coup de tête :
- On s'est pas déjà vu?
Ses yeux de jade scintillants de malice fixaient l'inconnu, attendant patiemment la réponse qui les titillaient depuis plusieurs minutes.

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Ezéchiel
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Mar 6 Mai - 13:13

Quelques regards curieux s’accrochèrent de leurs lueurs perçantes aux traits anguleux du gamin. Mais l’agitation qui régnait éternellement en ces lieux eurent raison des quelques badauds indiscrets… Si ce mot était de vigueur en ces lieux ou le sans gène semblait régner en maître. Attitude commune aux nombreuses tavernes déjà visitées… La peau très pâle de Zech avait l’habitude d’être scrutée, subissant quotidiennement des examens approfondis qui tentaient en vain de percer le mystère de son corps à l’apparence innocente et de ces yeux conçus pour affronter la salinité de l’eau de mer… Descendant du Peuple de l’eau. Ayant bien longtemps maudit son père pour son héritage encore mal connu, Ezéchiel avait finit par s’en amuser, cultivant son attitude énigmatique, accentuée par sa tignasse noire nuit, peu commune… Après tout, on ne choisissait pas ses parents… Alors qu’il faisait mine de ne pas remarquer les quelques coups œil suspicieux et intrigués quine pouvaient s’empêcher de se tourner dans sa direction, l’enfant finit tranquillement sa soupe tiède, y trempant avec délice un croûton de plusieurs jours. Son esprit en profita pour quitter le méandre de ses pensées momentanées… Une image de lui même sur les routes, la silhouette sombre d’un aigle voletant au dessus de lui, s’imposa sans qu’il n’en ai conscience à son esprit. Trop tard pour l’écarter, le jeune homme se laissa emplir totalement de cette vision sereine. Bien sagement assis sur son banc, alors qu’il croyait raisonnablement connaître l’espace et l’instant qu’il habitait, sa pensée s’embarqua, sans savoir pourquoi ni par qu’elle force obscure, à bord du surprenant vaisseaux de l’imagination. Imagination ou souvenirs ? Difficile de les dissocier, surtout lorsque ces derniers étaient issus des temps passés, une enfance oubliée volontairement, une jeunesse volée… Le regard translucide d’Ezéchiel se tinta imperceptiblement d’une lueur océan… Le masque de l’espièglerie le quitta un brève éternité, cédant la place à d’étranges étincelles indéchiffrables.
Les cicatrices de son dos encore fraîches à son esprit se mirent à répandre une intense chaleur dans son dos, le rappelant à la réalité. Ses cheveux en bataille s’agitèrent violemment lorsqu’il secoua sa tête endormie.
Lui qui s’était promis de rester sur ses gardes dans ce village certes magique, mais dont certains voyageurs de passage auraient été ravis de trouver un gamin à leur merci… De nouveau ce fut des pupilles alertes et débordantes d’espièglerie qui firent un tour circulaire du rez de chaussée.
Alors que ses préoccupations se résumaient à savoir ou il passerait la nuit, Ezéchiel fixa une jeune femme qui venait de se lever de sa place. Sans savoir pourquoi, le tissu aux reflets particuliers, et plus particulièrement, la silhouette qui s’y cachait l’attira… Sans la lâcher, le lutin scruta le capuchon obscur tentant en vain de découvrir le visage qui se dérobait à la vue de tous. Mais l’inconnue retroussa bientôt la capuche qui constituait l’essentiel obstacle à la description qu’effectuait la mémoire d’Eze. Une longue chevelure châtain se déversa le long de cette silhouette, comme douée d’une vie propre.
Finalement, tandis qu’elle prenait place aux cotés de lui même, le garçon s’efforça de s’en détacher. Aussi fascinante qu’elle soit, cette jeune femme n’était à l’entendre, qu’une cliente parmis d’autre, cherchant à se faire offrir le maximum de peinte afin peut être, d’enfouir un quotidien médiocre. Mais son instinct lui, n’était pas prêt de lâcher prise… Et la suite lui donna raison, signe qu’Ezéchiel avait raison de rejeter le culte des apparences. La façade enjouée s’effrita en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire lorsque le tavernier s’éloigna vers les appartements…Le visage que l’on décrivait parfois de « cadavérique » du gamin se retrouva nez à nez avec un visage fermé et loin d’être amical. Ce n’était pas la première fois qu’on l’accostait ainsi, loin de là, généralement, sa jeunesse et son étrangeté amenait à penser qu’il était faible et facilement détroussable. Mais Ezéchiel dut s’avouer que c’était bien la première fois qu’il avait en face de lui une jeune femme au charme si…si… ? Comment la définir ? Alors qu’un silence inqualifiable faisait échos aux paroles de l’inconnue, le regard du gamin, tranché par quelques mèches retombant devant son front détaillait la nouvelle venue, tentant de mettre des mots sur cette apparition, entreprise vouée à l’échec. Finalement, le jeune homme, impressionné par cette personnalité dont tous ses sens la qualifiait de peu banale haussa à son tour sa voix… Une voix au timbre certes enfantin mais qui en avait déjà bien vu, et bien vécu… Une voix que l’innocence semblait avoir renoncé à conquérir…

Peut être ma main connaît elle votre poche… Mais mon regard n’avait encore eu le loisir de vous découvrir en détail…

Affichant son attitude impudente et défiante, prenant soin de dissimuler toute émotions, impressions, derrière son air espiègle qui en énervait tant, le garçon s’assura que sa fidèle dague se trouvait bien à sa cheville. Ses yeux translucide, profonds et contenants leurs lots de mystères soutenaient ceux de l’inconnue.
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Denelyss
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Ven 9 Mai - 16:41

Elyss fixa un temps le garçon après avoir posé sa question. Elle se maudissait elle même de lui avoir adressé la parole sans réfléchir.
*De quoi je me mêle?* se demandait-elle, mais sa curiosité l'empêchait de détourner les yeux. Leurs regards se croisèrent, un lourd silence s'installa pendant un instant... Ce jeune homme avait perdu cet air innocent et il lui répondit en haussant la voix, sur un ton presque défiant.
*Tu en as du courage pour un gars de ton âge...*
Denelyss eu un sourire en coin, elle n'en croyait pas ses oreilles.
Elle eut un de ses mouvements de tête presque enfantin dans un moment d'imcompréhensivité.

- Ma poche? répéta-t-elle. Elle se prit à regarder dans le vide quelques secondes. Puis elle retourna vivement la tête et le dévisagea sans aucune discrétion.
- Ah mais... c'est toi qui...

Elle éclata de rire.

- Je suppose que tu en as trouvé forte utilité, lança-t-elle en le fusillant du regard.
Elle avait complètement mis de côté ses intentions précédentes, la situation était beaucoup plus intéressante.
Sans attendre quelconque réplique, elle continua son monologue.

- Mais vois-tu... je ne compte pas passer la nuit dehors sous ce temps.
Elle le regarda tout sourire, puis finit son verre cul-sec.
*Ce sera nous deux, ou personne*

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Ezéchiel
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Mer 14 Mai - 17:31

Les yeux translucides du gamin soutenaient ceux de la jeune femme qui ne devait peut etre pas avoir l'habitude qu'on lui tienne tête. D'autant plus que le visage de Zech brillait d'une lueur de défi, à peine perceptible mais qui avait le don d'en faire sortir plus d'un de ses gonds. Son air amusé devant l'inconnue ne s'arrétait pas à la surface de ses traits anguleux...Sa froideur, que quiconque n'aurait pu soupçonner à la vue de ce gamin pétillant, faisait écho à chacunes de ses attitudes...Gratter la surface, vous y trouverez bien des surprises...Cela s'appliquait parfaitement à sa personne.
Le spectacle de ces deux personnages prenant soin de cultiver le silence pesant qui planait entre eux s'avérer bien étrange. Un silence qui d'ailleur semblait comporter bien plus de pensées et de sous entendus que des banales paroles...Les pupilles s'affrontant, chaque camps prenant soin d'enfuir ses émotions, oeil pour oeil, deux regards attentifs et froids...
Ezéchiel afficha un austensible sourire tandis que la jeune femme perdait momentannément contenance à ses mots. Ses doigts bougèrent imperceptiblement vers sa poche vide depuis quelques temps. Il affronta de nouveau les yeux verts, ceux ci ayant retrouvés leur taille réduite...Etait ce à cause de la lumière que cette femme plissait ainsi les yeux? A en croire son visage à la peau tannée par le soleil, surement la marque de voyages incessants, en tout cas résultat de longues expostiions à l'air libre...
Elle transperça l'air frémissant entre eux...Leur échange semblait se faire dans une bulle, isolée du reste de la tavernne du monde...Un échange peu commun se mit à penser Eze... Et cela n'était pas finit. Il y'avait un bout de temps que sa morne vie ne lui avait pas offert de surprises. Bonnes ou mauvaises, il s'en moquait, simplement, il aurait aimé que l'imprévu soit un peu plus présent dans son existence...
Pour rien au monde il n'aurait donc changé le moment présent énigmatique...

Zech regarda la jeune femme éclater de rire...Un éclat loin d'etre amusé...Plutot renfermant une once de surprise teinté d'irritation loin d'etre feinte...Cette réaction soudaine laissa place en quelques secondes à du dédain. Continuant sur sa lancée, surment pour ne pas laisser le temps au garçon de répliquer,elle lui demanda ironiquement si il en avait au moins eu usage.
Prenant son temps, Ezéchiel répondit l'air penseur...

Oh et bien,j'ai offert une poignée de pièce à quelques troubadours inspirés, leur permettant ainsi sinon de passer la nuit au sec, de se payer un repas chaud...Puis, je me suis repus de cette soupe certes suspecte mais rassasiante...

Le gamin jeta un air inquisiteur à son assiette et reprit, comme s'ils se connaissaient depuis des lustres...Le jeune espiègle prenait son pied, s'amusant afin de découvrir les réactions de l'inconnues...Il faut dire que cette denrière avait piquer la curiosité d'Eze à vif...
Faisant tomber les deux dernières pièces de la bourse;

En revanche je crains que vous deviez vous satisfaire d'une étable pour cette nuit...Vous m'en voyez désolé...Je peux vous indiquer l'adresse d'une écurie empestant les dejections annimales, mais dont le trou n'ets que partiellement arraché...Un vrai luxe.
Mais je vous en prie, reprenez donc votre bourse, elle à fait le bonheur de plus d'un ce soir...Puis je vous demander ou avez vous trouver ce tissu? Il est particulièrement facile à attraper...


Poussant l'audace jusqu'à lui rendre son bien volé, avec les deux dernières pièces, le jeune homme affichait son air faux et éternellment éspiègle, jouant son rôle à merveille. Sa tignasse noire obstruant partiellement son regard à autrui, il pouvait néanmoins scruter avec curiosité les traits de l'inconnue, attendant avec délice sa prochaine réaction.
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Qom
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Lun 16 Juin - 17:08

Qom avait parcouru la ville toute la journée à la recherche d'un travail, mais peine perdu, personne ne semblait prêt à engager un mercenaire pour un travail; pourtant c'était une ville de marchands et beaucoup devait rechercher des escortes pour voyager vers d'autres villes.
De nombreuses fois, il avait senti les planches de bois se courber sous son poids, notamment sur les plus petits pontons, et cela l'avait quelque peu amusé de voir les gens autour de lui le dévisager ou bien rapidement quitter le ponton de peur de tomber en dessous.
Il ne savait guère pourquoi, mais malgré l'absence de travail pour lui, cette ville lui plaisait, peut-être était-ce les bruits de ses bottes en cuir sur le bois qui lui procurait ce plaisir, ou bien le fait qu'il y ait du monde à bousculer à certains endroits, ou encore le principe de bâtir une ville sur des pilotis.
Toujours en quête d'un travail, même des plus banales, il décida d'aller voir dans la taverne qui était bondé quand il était passer devant quelques temps plus tôt.
La taverne était toujours aussi bondé quand il entra, et elle était extrêmement bruyante, il lui serait impossible de faire une annonce à voix haute, il irait donc se renseigner auprès du tavernier. Bousculant des personnes ici et là pour atteindre le comptoir, il se fit rapidement remarqué, peut-être cela allait il se terminer en bagarre, cette idée le fit sourire. *Rien de mieux que de verser un peu de sang pour se faire remarquer*
Alors qu'il pensait à cela, il entendit un craquement sous ses pieds, il venait de marcher sur la main d'un homme qui était ivre mort sur le sol. Cela eu pour effet d'enchanter Qom.
Enfin il arriva au comptoir, une place venait de se libérer juste à côté d'un individu haut comme trois pommes qui discutait avec une femme légèrement vêtue. Il ne prêta guère attention aux deux personnes et il siffla le tavernier. Celui-ci lui vînt au bout de quelques minutes. Il allait ouvrir la bouche pour dire quelque chose mais Qom l'interrompît aussitôt.

Dans l'immédiat, je veux un morceau de viande bien saignant, et une pinte de cervoise. J'ai de quoi payer.

Il sortît à cet instant là une bourse pleine de pièces de son pantalon bleue, et il la déposa sur la table.

Ne lorgnez pas sur la quantité de viande !

Rapidement il fût servi par le tavernier. Qom dévora son morceau de viande saignant, et avala le contenu de sa pinte d'un trait. Le tavernier revînt vers lui et lui proposa une autre choppe, qu'il refusa. Il jeta quelques pièces sur le comptoir, et se tourna pour regarder ce qu'il se passait dans la salle bruyante comme pas deux. Une fumée grise, provenant des pipes allumées flottait dans la pièce, et se mélangeait à l'odeur ambiante d'alcool. Les gens riaient, s'amusaient, discutaient, buvaient et festoyaient.
Il sondait de son regard vert chaque personne qui passait dans son champ de vision, en essayant de trouver ceux qui avait l'air préoccupé, et à qui il pourrait proposer ses services.
Alors qu'il continuait de regarder autour de lui, une femme l'accosta et dit "Vous cherchez un peu de compagnie ?". Il s'empressa de l'envoyer sur les roses "Si vous payez la chambre pour la nuit, que vous ne vous approchez pas de moi, et que vous ne ronflez pas, et bien il se pourrait que je cherche un peu de compagnie".
Enervée, la femme avait tourner les talons et était partie à la recherche d'une autre proie.
Il réfléchit un instant et regarda la bourse pleine d'or qu'il avait dans la main. Il se dit que ça pourrait être amusant de la mettre sur le comptoir bien en évidence, et la surveiller, et de se charger de couper la tête au premier qui essaierait de la prendre. Il déposa donc la bourse sur le comptoir.
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Denelyss
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Jeu 19 Juin - 17:11

Le jeune garçon semblait s'amuser de la situation, révélant pourtant ce qui aurait pu lui causer pas mal de soucis. Mais
il lui tenait tête d'une facilité déconcertante, rétorquant froidement sur un air de défi qui se voulait, à première vue, son principal objectif. Le silence ne faisait qu'amplifier cet aspect théâtral, mais la jeune femme ne jouait pas, loin de là, son rôle ne devenait que plus simple... Elle qui n'avait pas pour habitude de prendre la peine de s'entretenir avec des gamins se trouva surprise de se sentir sans quelconque moyens de répliquer. Elle lui répondit par un léger sourire qui se voulait désarmant.
Au mieux... pensa-t-elle, c'est que cela n'a pas l'air de le gêner, mais pire, il semblerait qu'il prenait plaisir à avoir cette sorte de discussion planante où les mots ne porteraient guère de sens sans ce jeu de sous-entendus et de tons faussés...

Semblant prendre son temps d'un air penseur et distrait, il répondit simplement, rapportant ainsi ses quelques actions embellies qu'il avait rendu grâce à la bourse d'or de la jeune femme. Ses détails inintéressants ne faisaient que rajouter un peu de piment à la conversation. Et il paraissait d'ailleurs largement qu'il en profitait un maximum, jetant des petits coups d'oeil à son interlocutrice afin de percevoir la moindre de ses réactions.
Et cela fonctionnait à merveille, Denelyss s'enflammait à vue d'oeil, clignant des yeux pour garder son calme. Elle lui aurait bien coupé cette mèche, ou plutôt cette tignasse noire, qui lui coupait son regard... son arme préférée.
Elle s'était tournée vers lui, ne lachant pas un mot, l'observant partiellement.

Denelyss, avec son air faussement intéressé, lança un bref regard à l'homme qui s'était placé au comptoir, tout en laissant le gamin parler.
- Bien saignante... murmura-t-elle dans un sourire.
Son attention s'était de nouveau retournée vers son détrousseur.
Elle avalait ses mots avec un silence déconcertant. Mais le tintement des deux dernières pièces sur le bois réveilla ses instincts impatients et pour le moins très... susceptibles. Elle ignora sa dernière question, ou plutôt elle n'avait pas écouté un seul des mots précédents, puis, prenant soin d'attendre la fin de son monologue, elle se leva brusquement et se rapprocha de lui.
Elle le prit vivement par le col et le leva de sa chaise sans un mot, laissant une main sur ses dagues à la ceinture, n'ayant pas pour réelle intention de le blesser. Elle le fixa un instant, la main tremblante de colère soutenue.
Sa réaction soudaine eu la malchance de faire quelques bruits, faisant tomber les couverts du jeune homme.
Le tavernier, aperçevant que les choses s'envenimaient quelque peu, lança, sans prendre le risque de perdre des clients (La jeune femme n'avait toujours pas payé...)

- Hey vous deux! pas plus de casse ou je vous mets dehors!!

Denelyss eu un sourire en coin tout en gardant des yeux inflexibles fixer ceux du garçon. Puis tout en rapprochant son visage du sien elle murmura :

- Qu'est-ce que je disais... ce sera nous deux, ou personne...

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Ezéchiel
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Mar 24 Juin - 11:05

Les yeux translucides du gamin pétillaient d’effronterie. La jeune femme était tendue, ses nerfs semblaient mis à rudes épreuves…Zech se délectait de l’air frémissant entre eux deux. Sourire en coin, il scrutait innocemment les traits de l’inconnue qui se contenait et semblait être en rade d’une quelconque pique bien pesée à lui répliquer. Il avait le don d’assécher ses victimes…Elle se détourna de lui à ses derniers mots, bref récit au seul but de faire sortir son interlocutrice de ses gonds. Son attention se porta brévement sur un nouveau venu qui paraissait tenter d’apater un inconscient avec sa bourse posée en évidence. Ezéchiel n’aurait pas demandé mieux que de relever le défi de s’en emparer…Il faut dire que le son mat qu’elle avait produit en s’écrasant sur le bois prouvait qu’elle était bien pleine. Mais son interlocutrice en décida autrement.
Après avoir tenté de se changer les idées auprès l’homme à la carrure imposante, une profonde inspiration accompagna son visage aux traits contractés, décidé à s’occuper du moustique dont elle ne pourrait se débarrasser aussi facilement.
Une main fine et précise qui n’avait pas encore montré son utilité jaillit vers le col du garçon impudent. Ce dernier, amadoué par l’appel de l’or n’avait rien vu venir et se retrouva en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire orteils balayant le vide. Pour ne pas changer les deux êtres s’affrontèrent du regard. Malgré la situation en apparence en sa défaveur, Ezéchiel arborait son flegme éternel. La jeune femme fulminait et l’enfant ne put retenir un sourire de satisfaction non contenu. Rarement il avait autant prit son pied. Et il avait la certitude que cette rencontre incongrue était loin d’être terminée. Elle ne le maintenait que d’une main, ferme. Il devina que l’autre ne se trouvait pas loin des armes qu’elle portait à sa ceinture. Aussi plia t’il par sécurité sa cheville, prêt à dégainer sa propre dague légère et invisible. Une arme entre les mains d’un enfant haut comme trois pomme prêtait à rire. Mais certains s’était mordu les doigts de leur négligence après l’avoir vu à l’œuvre. Sa maigre silhouette ne renfermait certes pas une force athlétique, mais le jeune esprit espiègle compensait ce manque par une agilité et une précision certaine. Et Zech était rapide. Vif d’esprit, capable d’évaluer une situation en quelques secondes.
L’affrontement physique des deux jeunes gens tourna court. En effet, contrairement à leur échange muet qui avait semblait avoir lieu dans une bulle coupée de l’agitation ambiante, leur soudain éclat n’était pas passé inaperçu. Ici des regards inquiets quand à la suite des évènements, désireux de ne pas se retrouver au cœur d’une bagarre de taverne dont personne ne saurait avec certitude la raison l’ayant déclenchée…S’autre esprits embrumé n’attendant que le premier coup porté afin de se charger d’en répercuter l’échos sur ses malheureux voisins de table…Mais le maître des lieux coupa court aux espérances de certains. Rappelant à l’ordre l’étrange couple, rassura la plupart de sa clientèle. Constatant que l’affrontement n’irait pas plu loin, il retourna vaquer à ses occupations. Il n’y’aurait pas de casse. De ce qu’il se passerait à la sortie de sa taverne il n’en avait que faire. Le chuchotement de la jeune femme lui confirma ce qu’il savait déjà. Cette rencontre peu commune était loin d’avoir livré toutes ses surprises. Constatant que des regards intrigués s’attardaient encore sur eux, dont celui de l’inconnu attablé au comptoir, le gamin énonça d’un air enjoué.

Oui madame, désormais je m’efforcerais de ne plus quitter le droit chemin !

S’arrachant à l’étreinte qui s’était fait moins sur, le lutin sans détacher son regard gris aux milles facettes, effectua un salut théâtral sous les regards amusés et les quelques applaudissements des curieux n’ayant toujours pas détournés leurs attention. Affichant son air le plus professionnel (très convainquant), il s’adressa à la jeune femme sur un ton imperceptiblement supérieur. De nouveau il profitait de la situation dont il s’était emparé des rennes.

Très chère, tachez donc de vous montrer plus convaincante…D’autre donnerais cher pour acquérir ce rôle !

Il resta debout tandis que l’attention qu’on leur portais se détournais face à l’illusion d’un répétition de ces pièces demandée par les paladins afin de formater les esprits à la foi. Le garçon une fois sur qu’il se fondait de nouveaux dans la clientèle des lieux se permit d’arborer de nouveaux son air narquois et espiègle. Tombe le masque.
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Denelyss
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Sam 28 Juin - 0:58

Sa main serrait fortement le col du garçon, qui n'avait pas vu le coup venir.
Précédement, il semblait qu'il était en train de fixer la bourse d'or qui avait été posée là par cet homme au comptoir... Le regard de la jeune femme s'était également attardé un instant sur ce nouveau venu, mais sa concentration n'avait pas été assez suffisante pour le dévisager en détail.
A l'instant, la légère surprise du garçon aurait pu lui paraître comique, mais elle n'était plus d'humeur à sourire.
Son attitude, son regard... Elle le haïssait. Elle ne le connaissait pas, mais déjà, cet énergumène venait de passer dans sa liste noire. Il osait porter cet air hautain et supérieur devant elle. Il osait! Il osait se moquer d'elle, sans la moindre hésitation perceptible...
L'ignorer, pensa-t-elle. L'ignorer serait peut-être la meilleur façon de se débarrasser de cet être, qui se voulait plus gênant qu'elle ne l'aurait cru. Elle avait pensé pouvoir lui soutirer ce qu'elle voulait, mais tout lui tombaient à présent en sa défaveur. Elle ne s'était jamais attachée à quelconque personne que ce soit, ami ou ennemi, alors pourquoi commencer maintenant? Elle n'avait pas d'honneur à perdre, qu'on l'accuse de lâcheté devant un gamin, d'ailleurs personne ne le ferait, ne la gênait pas le moins du monde. La *conversation* était déjà allée trop loin, elle aurait pu regretter amèrement de lui avoir adressé la parole, mais comme elle ne cessait de se répéter assez souvent, les regrets ne sont là qu'une perte de temps.
Sa décision hâtive lui convenait...

Et lui, il continuait...

Il continuait... Un regard malin, espiègle et dénué de peur. Le jeune homme continuait sur sa lancé, avec un talent de comédie probablement inné qui se révélait plus que convaincant. Son rôle improvisé marqua la situation comme une banale répétition de théâtre, faisant passer le geste de Denelyss en sa faveur. Les quelques personnes interloquées se prirent à rire de bon coeur, soulagées. Mais les paroles de celui-ci eurent un tout autre effet de ce qu'il semblait vouloir atteindre...

*...madame... quitter le droit chemin...*

*...plus convaincante… d’autre donneraient cher pour acquérir ce rôle !*


...Une foule, des rires étouffés, moqueurs, des mensonges...
Tout ceci n'avait plus aucun sens. La jeune femme regardait le jeune garçon, ses propres mots résonnant sans fin dans son esprit. Un court instant... ses traits perdirent tout signe de colère. Une surprise à peine perceptible balaya les pensées de la jeune femme, mais qu'est-ce qu'il lui faisait cet effet? Elle même l'ignorait, même si de vagues souvenirs et des images lointaines lui embuaient la vue. Un voile de tristesse lui fit lâcher prise, et elle laissa le garçon sans répondre. Son regard plongé dans le vide lui donnait un air terrible, n'importe qui n'aurait pas aimé être là, en un écart on aurait pu penser qu'elle sombrait dans la folie.

- Ca suffit, marmonna-t-elle dans un souffle.

A pas lents, les poings serrés, elle se dirigea vers la porte de l'auberge. Il pleuvait toujours des cordes à l'extérieur, elle avait toujours aussi faim, mais ses pensées ne la gardait plus en place. La mine perdue, elle passa le pas de la porte, se retrouvant en quelques secondes trempée. Un instant de faiblesse...

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Qom
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MessageSujet: Re: Au goût de la patience (suite)   Mar 1 Juil - 19:44

Qom regardait toujours dans la salle, tout du moins son regard vagabondait d'une personne à l'autre. Son esprit, lui, ne suivait pas ; Qom repensait en souriant à sa dernière mission...Il avait étripé trois hommes qui avaient volé du bétail.

Toujours dans ses pensées, il entendit des bruits de couverts qui tombaient. Produisant un bruit métallique il porta rapidement sa main à sa hache, en regardant férocement autour de lui, prêt à bondir pour écraser le premier qui se mesurerait à lui dans une bagarre.

Non, c'était juste la dame non loin de lui, et le petit homme haut comme trois pommes qui semblaient énervés.
La dame ne semblait pas très forte, mais pourtant elle soulevait le bonhomme.

Il récupéra sa bourse pleine d'or, et la rangea dans sa poche, puis regarda attentivement la suite des événements.
Il espérait bien que tout ce remue-ménage conduirait à une bagarre générale.

Malgré ses espérances, le tavernier intervint rapidement afin d'éviter toute bagarre.
Lavette...soufla Qom. Le tavernier ne l'entendit pas, ou bien fit semblant, pourtant il était juste en face de lui.

Comédie ou réalité ? Cette histoire de terminait par des paroles qui laissaient penser à une sorte de répétition pour une pièce quelconque.

*Très chère, tachez donc de vous montrer plus convaincante…D’autre donnerais cher pour acquérir ce rôle !*

Cela lui paraissait pourtant étrange, la femme semblait toujours aussi énervé après les quelques mots du jeune garçon.
Finalement, elle sortit, sans payer, ce que le tavernier ne tarda pas de remarquer.
Gesticulant, celui ci parla aussitôt à Qom. Il cherchait à l'embaucher pour rattraper cette femme, afin qu'elle paye sa note. Qom proposait 20 pièces d'or en échange de ses services, pas plus, pas moins; le tavernier refusa alors, il valait mieux pour lui perdre quelques pièces d'or pour une cliente qui n'avait pas payer, que dépenser 20 pièces d'or, qui dépassaient largement le prix des consommations de la femme.

Se parlant à lui même. Peut-être qu'elle me paiera 20 pièces d'or pour que j'écrabouille le tavernier, ou le nabot avec qui elle discutait...
Aussitôt dit, il marcha rapidement vers la sortie, en bousculant les gens, et rattrapa la femme qui était encore devant la taverne, complètement trempée, sous la pluie.

Au dehors il faisait frais, la chaleur de la taverne avait disparue, et la pluie ruisselait sur ses épaules et son torse.

Un peu de frais...

Arrivé à côté de la femme...
J'dois pas me tromper, mais vous avez eu des ennuis en taverne...Peut-être que j'peux régler votre problème rapidement, et moyennant quelques pièces...Vous savez, pour quelques pièces d'or, il me suffit de donner des coups de hache et j'élimine qui vous voulez...Le tavernier ou le nabot....comme vous voulez, ou bien quelqu'un d'autre, à votre convenance...Un homme infidèle, un escroc quelconque, un prétendant, une concurrente...Qui vous voulez !
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