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 Précieuse méditation

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Calith Nealyn
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MessageSujet: Précieuse méditation   Jeu 15 Mai - 19:26

Un matin sans soleil. Non. Simplement encore la nuit. Les étoiles blanches qui brillaient dans le ciel étaient là pour le prouver. Et pourtant, Calith, était déjà en route. La lune éclairait d’une lumière opalescente son chemin. La femme, dissimulée sous une longue cape noire, qui ne laissait entrevoir qu’une infime partie de son doux visage, se mouvait avec grâce sur ce chemin tortueux. Malgré la faible lueur de l’astre diaphane, elle déjouait tous les pièges de la nature, racines flexueuses ou pierres tranchantes, ainsi que ceux artificiels, canette oubliée ou poubelle renversée, avec une aisance surprenante. Sans se retourner une fois, sans hésiter un instant, elle marchait. Elle marchait dans les rues de Troïl, en direction de l’Est. Les magnifiques maisons, composées uniquement de petits galets blancs, défilaient à grande vitesse. Celle qui passait devant n’y prêtait aucune attention. Ces habitations étaient certes magnifiques, mais le spectacle à lequel elle allait assistait avait en lui encore plus de magnificence. D’ailleurs, il était tard, il allait bientôt débuter. Calith pressa un peu plus le pas. Toujours vers l’Est. La tranquillité et le calme presque permanent qui régnait dans cette ville était apaisant mais comparé au lieu où elle se rendait, il faisait office d’un vacarme assourdissant. Qu’il lui tardait d’arriver ! Quitter, ne serait qu’un court instant, l’agitation de sa vie, serait si agréable. Rares étaient ces merveilleux moments qu’elle s’octroyait. Quelques minutes s’écoulèrent. La limite de la ville était à l’horizon. Plus que quelques pas. D’autres minutes s’égrenèrent. Celles-ci lui parurent interminables. Elle était si proche du but que chaque seconde lui paraissait être une éternité. Elle avait depuis longtemps quittait le centre de la ville. Il n’y avait plus que quelques maisons ci et là mais elle venait à présent de dépasser la dernière, l’ultime lien qui la rattachait à la civilisation. Devant elle, la terre continuait, puis, brusquement, s’arrêtait.

Calith s’approcha. Les falaises se trouvaient devant elle. Elle s’approcha encore plus. Elle était à présent à l’extrémité même du sol. Un seul pas et elle tomberait. Doucement, elle s’assit. Ce simple geste aurait paru aux yeux d’un voyageur solitaire si délicat. Mais bien entendu, elle était seule. S’il en avait été autrement, la magie de ce lieu n’aurait pas pu opéré. Ses jambes, éprouvées par la longue marche qu’elles avaient faite, pendaient mollement dans le vide. Vide vertigineux. Si elle se penchait, elle aurait pu contempler une pente abrupte et rocailleuse de plusieurs centaines de mètres, et, entrevoir l’océan en fureur qui s’abattait des gerbes d’écumes étincelantes contre les reliefs. Mais elle ne regardait pas en bas. Elle regardait tout droit. Toujours vers l’horizon. Toujours tenter d’aller plus loin, de déceler une infime partie de l’infinie. Un peu plus et elle y parviendrait. Elle sentait l’air vibrer autour d’elle. Elle abaissa sa capuche. Le vent fit voler ses cheveux aussi noirs que la nuit et frôla son visage dans une brise fraîche. Les étoiles palissaient. La lune avait déjà disparu. Les premiers rayons du soleil essayait de perçaient. L’aube était en train de naître, comme chaque jour. Voici le panorama auquel elle était venue assister. Simple plaisir quotidien. Rien que quelques minutes de bonheur. Mais bien plus agréables que n’importe quelle autre chose. Devant elle, le ciel était devenu blanc. Un blanc attirant. Un blanc qui laissait apercevoir le domaine céleste jusqu’à la chevelure d’une ange. Non. C’était juste un rayon. Mais cela revenait au même. Calith essaya d’en voir un peu plus mais déjà, le blanc était rose. A travers, on pouvait voir les champs enluminés du Paradis, les mystérieuses fleurs du Jardin d’Eden. Là aussi, cette vision fut éphémère. Le blanc, devenu rose n’était plus que orange. Douce couleur chaude qui ondulait sur les vagues de l’océan. Ah, l’océan ! Ses milliards de gouttelettes d’eau brillaient avec joie sous cette lumière. Les étoiles avaient trouvés leur remplaçantes. La Lune aussi. A présent, le Soleil, se dressait, fier, dans l’azur du ciel et illuminait les environs. On aurait pu croire que le spectacle était terminé mais non. La magie perdurerait tant qu’on y croirait, tant qu’on l’utiliserait. Quel plaisir de sentir autour de soi la nature se réveillait. Peut-être n’était-ce qu’une chimère de son esprit, mais elle s’y laissait aller, se laissant bercer par cette illusion. L’empathie était un sentiment inexplicable mais qui prenait tous vos sens. En effet, Calith sentait les pierres qui se réchauffaient, comme si elles se laissaient dorées au soleil. Le vent faisait danser les herbes et les fleurs leur répondaient, heureuses, étalant leurs pétales multicolores et se balançant sur leurs tiges élancées. Les quelques arbres, disposés à des endroits incongrues, ouvraient grand leurs branches pour que chaque feuille bénéficie de la lumière ambrée. La mer, elle-même, participait à cet éveil. Ses eaux se coloraient à vu d’œil et son roulis régulier s’amplifiait jusqu’à que les milles petites vaguelettes tendent à devenir de splendides vagues, qui venaient toujours s’échouaient contre les récifs. La rosée du matin s’évaporait avec plaisir dans les cieux pour former quelques nuages. Nuage immaculé. Il semblait crier à Calith son désir de pleurer. Alors, elle envoya avec force dans sa direction toutes ses pensées les plus sombres, les plus tristes : les émissaires du diable qui se faisaient de plus en plus présents, son incapacité à retrouver la princesse Dahut, et surtout, elle n’avait toujours pas remplie sa quête : trouver l’Enfant et lui enseigner les moindres parcelles de la magie. Pas un soupir. Elle ne pensait déjà plus à ça. Elle les avait projetés loin. Très loin. Dans ce nuage qui s’assombrissait sans discontinuer jusqu’à devenir aussi noir que le charbon. Le vent se chargea de le propulser encore plus loin pour que la pluie ne vienne pas occulter ce charmant tableau. Calith ne le vit donc à peine éclater, n’entendit pas la pluie se déferlait mais elle aperçut cependant très bien les sept couleurs nuancées qui formaient cet arc-en-ciel. Elle resta là, à le contempler. A contempler ce soleil, ce ciel, cet océan, ces fleurs, ces arbres, ces pierres… cette magie. Depuis le début, elle n’avait pas bougée. Là, assise devant le soleil, on aurait pu la prendre pour une statue. Seul un œil perçant aurait pu percevoir ce faible mouvement de respiration et ces quelques battements de cils. Mais, comme nous l’avons déjà dit, il n’y avait personne. Du moins pour l’instant.

Pourquoi pour l’instant ? Parce qu’il fallait bien qu’à un moment, cette féérie s’estompe… Habituellement, Calith s’éloignait doucement, sous le chant des oiseaux. Mais là, le destin en avait décidé autrement. Elle ne savait pas pourquoi la créature qui s’approchait était là, mais c’était ainsi. Elle n’avait pas d’autre choix que de faire cesser ces rêveries. Elle aurait pu être acariâtre d’être surprise ainsi et de devoir tout quitter si promptement mais ce ne fut pas le cas. Elle l’avait entendu s'approcher. Pas un bruit détonnant, non, simplement un faible pas. Mais surtout, elle avait ressenti sa présence. Un être doué de conscience a des ondes si différentes de la nature qu’il chamboule tout. Rien de plus simple de deviner quand l'un d’eux est en sa présence. Parler ainsi des créatures, quand on fait soi-même parti d’eux est étrange pensez-vous. Mais Calith n’était pas n’importe qui. Elle savait qu’elle même peinait à intégrer le décor, car les humains cherchent toujours à se démarquer, encore plus que les animaux qui eux-même ne sont pas toujours en harmonie avec ce qui les entoure. Mais elle essayait d’y parvenir à son mieux, mais un fait, qui la différenciait de tous la faisait toujours échouer : son pouvoir. Mais pourquoi penser à de telles choses après un bonheur pareil ? Elle chassa ses noires pensées et se concentra sur l’inconnu(e). Il ou elle était tout prêt.

Elle se retourna et elle vit…


Dernière édition par Calith Nealyn le Mar 20 Mai - 20:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Précieuse méditation   Mer 21 Mai - 15:58

[ A nous deux... ]

Qui était-elle ? Qui était-elle pour oser troubler sa retraite paisible du matin ? Comment imaginait-elle entrer ainsi avec un tel irrespect sur son territoire ? Fallait-il être stupide à ce point ? Même une poule aurait prit peur devant les signes de mauvais augures qu'il avait laissé un peu partout. Elle aurait été terrifiée, et serait partie en caquetant de plus belle. Mais cette créature... Etait-elle dénuée de toute once d'intelligence ? Cette portion de falaise était sa portion de falaise, et personne d'autre que lui n'avait le droit d'y poser la patte. Personne d'autre que lui n'avait le droit de s'y assoir. Peut-être même que ce n'était pas la première fois que la femelle venait. Rien qu'en songeant à la souillure qu'avait subit son territoire, le chat en était malade. Ces humains... Quelle arrogance !

Elle avait même réussit à le déranger dans sa nocturne occupation. Il raffolait de ce moment, il le revivait chaque jour avec plus d'intensité que cette sotte ne le vivrait jamais. La naissance du soleil depuis les cendres déjà froides de la nuit le délectait. Ce moment où le soleil rougeoie dans l'horizon, tous les animaux le perçoivent, n'est pas anodin. Toutes les nuits, le soleil risque de ne jamais réapparaître, vaincu par la lune, qui cherche depuis la nuit des temps à prendre sa place sur le trône luminescent du jour. Alors, tous les matins, il faut célébrer sa victoire, chanter sa force, en espérant que le matin suivant sera lui aussi illuminé par le soleil. Mais ces imbéciles n'en ont aucune idée. Pour eux, la renaissance du soleil marque seulement l'entrée dans une nouvelle parcelle de temps. Au mieux un joli spectacle gratuit. Qu'elle horripilante manie ! Morceler le temps pour pouvoir le compter à son aise, comme si ils pouvaient ainsi le contrôler. Les ans en mois, les mois en jours, les jours en heures, les heures en minutes... Que vont-il imaginer ? Le temps passe, un point c'est tout !

Lorsque la femelle s'est assise sur le rebord de la falaise, le chat a sentit monter jusque dans ses yeux verts une cruelle envie de tuer. D'un coup de patte assez puissant, il pouvait la faire tomber, et voir alors quelle serait sa réaction. Tenterait-elle de voler ? Ou alors d'imiter les poissons ? Sûrement les deux. Les humains sont si puérils. Ils ne savent même pas reconnaître que leur dernière heure est venue, et l'accepter avec calme, gratitude. Non, ils se débattent, encore et toujours ! Pourtant, ils devraient connaître la chanson : quand on est prit au piège, rien ne sert de se débattre, car cela ne fait que retarder la mort, et augmenter les douleurs... Le chat n'avait pas vraiment conscience de la mort, il ne savait même pas qu'il réagirait ainsi en sa présence. C'était son subconscient, imprégné des souvenirs de sa mère, et de la mère de sa mère qui lui dicteraient son attitude l'heure venue. D'ailleurs, le chat n'avait conscience de rien, à part de l'instant présent. Le futur, le passé, tout cela n'était pour lui qu'un magma informe sans aucun intérêt. Seul compte l'instant où l'on vit.

Et cet instant était gâché par la femelle immobile. Elle restait toujours là, ignorant totalement les injonctions menaçantes du chat, qui lui ordonnait d'un ton impérieux de fuir, et plus vite que cela ! Tout d'un coup, il décida de l'ignorer. Totalement, superbement, avec la majesté que seuls savent incarner les chats. Il se concentra comme il avait l'habitude : écouter les oiseaux, les vagues, percevoir le monde non plus dans son corps, mais en communion complète avec la nature. Son âme se dispersa, s'envola au quatre coin de la Perception. Elle n'avait plus aucune limite. Il pouvait savoir où chaque brin d'herbe se trouvait, où chaque chat se trouvait. Il était la Nature. Une sensation de folle liberté, comme celle qu'éprouvent les oiseaux en fendant les cieux gonfla son cœur. Mais quelque chose n'allait pas. Une vague sensation, comme une légère démangeaison le gêna dans sa contemplation. A regret, il rentra dans son corps, rendu irascible par cet échec. C'est de sa faute, à elle. Il le savait. Elle lui avait fait prendre conscience de sa présence alors même qu'il tentait de s'oublier dans le breuvage entêtant de la Nature. Maudite soit-elle. A cause d'elle, et de son existence dissonante par rapport au reste du monde que connaissait le chat, tout ce qu'il voyait lui apparut moucheté de défauts, comme s'il regardait la Nature avec un regard critique et hautain d'homme.

Sa pierre préférée n'était plus si confortable. La mousse qui poussait dessus grattait, elle qui la veille était si douce. Le vent était un peu trop violent, lui qui pourtant aimait à caresser le visage ébourrifé du chat avec amitié. Les oiseaux même ne savaient plus chanter ! Les notes sortaient avec désynchronisme de leur gosier, comme les notes produites par ces abrutis de chanteurs à deux pattes. Les vagues roulaient trop vite sur les falaises. Il n'avait pas fini de déguster le tremblement de l'une, que déjà une autre la remplaçait. C'en devenait insupportable. A cause d'elle. Impossible de l'ignorer plus longtemps.

Elle avait tout cassé. Jamais il ne pourrait revenir goûter à la magie de ce lieu. Toujours un petit défaut émaillerait la perfection. Tout était sa faute. Il fallait se venger. Il se mit tout à coup à songer qu'il aurait peut-être dû la tuer. Pourquoi ne l'avait-il pas fait plus tôt ? Maintenant, il devrait se trouver un autre refuge ! Agacé contre lui même, il s'avança, bien décidé à remédier à sa négligence, pour que plus jamais il n'aie à souffrir de tels importuns. La haine suintait de lui, comme un flot incontrôlable. Mal lui en prit. Il sentit aussitôt que la femelle l'avait perçut. C'était bien dommage. Mais malgré tout, le fait qu'elle aie réussie à sentir sa présence la remonta un peu dans son estime. Elle ne pouvait pas être si sotte que cela, si elle parvenait à saisir le fil de sa présence. En même temps... Ce n'était plus un fil, avec toute la colère qui s'emmagasinait en lui. C'était un cordage de voilier, comme ceux qui étaient dans ce port. Le chat se souvenait avec délectation des odeurs qui l'habitaient. Il ne s'agissait que d'odeurs agréables : l'huile de poisson, l'odeur mâle et virile des homme amarrant les bateaux... Où était-ce ? Peut-être cet endroit ferait un agréable nouveau refuge. Pourquoi n'y était-il pas resté ? Avec difficulté, le chat se souvint que là bas, il était considéré comme l'animal du Diable. Pffff ! C'étaient eux les animaux du Diable ! Ils ne sont même pas capables de s'adresser correctement à la Nature ! Soudain, il prit conscience de sa rêverie. Furieux contre lui-même, il secoua les dernières parcelles de son esprit qui n'étaient pas totalement concentrées sur le présent, et s'approcha de la femelle, bien décidé à la faire déguerpir, par tous les moyens.

La douleur ? Non... L'effet de surprise était rompu, et elle aurait sûrement le dessus lors d'un affrontement. Oh... certainement pas aisément, mais elle gagnerait tout de même... L'intimidation ? Non... Cela marchait rarement avec ces bestioles : elles se croient si supérieurs que pour elle un chat n'est qu'un chat, et qu'il ne peut pas faire grand chose de mal... Les seuls qui sont facilement impressionnables sont les religieux. C'est si drôle de les voir gesticuler, persuadés qu'ils sont pourchassés par le Démon ! Mais il faut faire attention à ne pas se faire prendre, car sinon pour les chats, c'est le Brasier. Le chat en a déjà vu un. C'est horrible comme la souffrance qui est exhalé par cet endroit est poignante. Le chat honteusement puni avait tellement mal que sa douleur perçait tous les animaux présents. Saufs les hommes. Etrangement, ces sales bêtes riaient aux éclats, comme si pour eux tant de douleur était une fête... Ils méritaient tous de mourir brûlés ! Enragé par l'idée de s'être de nouveau laissé allé au effluves entêtantes du passé, le chat décida de ne plus réfléchir. Il réfléchissait trop ! Il n'était pas un homme. C'était cette présence qui parasitait ainsi son esprit, et l'empêchait d'être lui-même.

Il devait agir, et vite, si il ne voulait pas être contaminé par le germe de l'humanisme, qui a rendu batarde et docile la race noble des loups. Imaginez vous : ces anciennes créatures, plus sauvages et imprévisibles que la Nature, rendues à l'état de créature bavante et sotte par l'Homme ! Le chat devait absolument se préserver, c'était une question de vie ou de mort... Il resterai donc à distance, en la regardant fixement,espérant deux choses : soit qu'elle serait assez intelligente pour comprendre la menace et fuir avant de sanguinaires représailles, soit qu'elle soit assez superstitieuse pour comprendre la menace et fuir avant de sanguinaire représailles...

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MessageSujet: Re: Précieuse méditation   Mer 28 Mai - 18:45

Elle s’était retournée et elle avait vu…

Elle avait vu un chat. Oui. Tout ce raffut – qui se résumait au doux frôlement de ses pattes sur le sol – provenait d’un animal. Il était encore loin et elle ne le distinguait qu’à peine. Et pourtant, tout en lui la surprenait. A cause – ou grâce ? – à la distance, ce ne fut pas son physique insolite qui l’étonna en premier mais ce qui émanait de lui. Ce n’était pas de la colère, ni même de la rage. C’était de la haine. Une haine qu’il n’essayait même pas de dissimuler. Cette aversion glissait dans les moindres parcelles de la matière. La brise matinale qui l’avait à l’instant si contentée n’était plus qu’un souffle glacial qui engourdissait la plupart de ses sens. L’herbe verte prenait des reflets grisés et se couchait sous le vent qui passait. Les fleurs avaient refermé tous leurs pétales, gardant pour elles seules leur trésor et le protégeant. Les feuilles gémissaient et les branches craquaient pour exprimer leur souffrance. Les pierres, tout à l’heure recouverte de mousse lui paraissaient si douces… A présent, elle les sentait tranchantes et pointues. Si chaudes, elles étaient devenues gelées. Le soleil même s’était caché. Le nuage l’avait recouvert. Il était revenu, avec tous ses soucis. Il grossissait à vue d’œil et s’assombrissait de plus en plus. Le ciel prenait la même teinte. Le gris, couleur du désespoir avait tout envahi. Même l’arc-en-ciel, seul tâches de couleurs restantes s’était voilé pour finir par disparaître. L’océan aussi semblait s’en vouloir. Son eau noirâtre avançait inlassablement dans une houle compacte. Elle s’échouait contre la falaise imperturbable en se brisant avec fracas, projetant son écume blanche en milliers de gouttelettes sur plusieurs dizaines de mètres. Il ne manquait plus que la pluie et le désastre serait complet. Une goutte tomba. Puis une autre. Et encore une. Calith retint son souffle un instant, se demanda comment un simple animal avait pu provoquer ce déferlement des éléments. Peut-être n’était-ce qu’une coïncidence ? Qu’un effet de la mauvaise fortune ? Simplement son imagination qu’il lui jouait des tours ? Tout de même, elle était très réaliste son imagination… Elle ne put réprimer un frisson. Une sueur froide perla sur son front jusqu’à s’échouer sur le sol déjà bien mouillé. Sentant la fine pluie sur son visage, elle rabattit son capuchon sur ses longs cheveux noirs. Elle n’était plus qu’une silhouette sombre qui se fondait dans le paysage. Une autre faisait de même. Le félin. Mais pour l’instant, elle ne lui prêtait aucune attention. Elle était recroquevillée sur elle-même, bien trop occupée à se morfondre. Quiconque l’aurait aperçut à l’aube serait resté bouche bée devant sa magnificence. Mais à présent, elle faisait pâle figure, ressemblant presque à une vieille femme perdue dans les maux de sa conscience. Elle se laissait aller, comme si elle se trouvait seule au milieu de la grande mer. Ballotée par les puissantes vagues, elle se noyait. Elle coulait dans les méandres de son esprit. Elle allait mourir. Cette pensée inéluctable se ficha dans sa conscience. Elle avait peur soudain. La peur, sentiment inexplicable qui vous abattait un homme. Qui se nourrissait de vos pires angoisses. Enfouies dans les tréfonds de votre âme, elle les trouvait et les réveillait. Elle les avait trouvé… Le réveil fut brutal. Elle revoyait, sans pouvoir sans empêcher, les villages brûlant sous les flammes, les femmes qui hurlaient tout en essayant en vain de protéger la chair de leur chair. Pire encore, les visages agonisants de ses victimes, tous des serviteurs du Diable, défilaient devant elle. Heureusement pour elle, il n’y en avait pas tant que ça, bien moins d’une dizaine. C’est qu’ils savaient bien se cacher… Mais ils avaient fait place au doux visage, au merveilleux visage de Dahut. Celle qu’elle s’était jurée de sauver. Et elle avait toujours échoué… Encore une fois, l’image changea. La beauté calme de la princesse avait été remplacée par celle rieuse d’un jeune enfant. Ses traits étaient flous. Elle ne distinguait même pas s’il s’agissait d’une fille ou d’un garçon. Mais une chose était certaine, elle ne l’avait jamais vu. Mais alors qui était-ce ? Elle chercha en vain jusqu’à que l’évidence lui tombât dessus. Son apprenti(e). L’enfant à qui elle enseignerait tout son savoir. L’enfant qu’elle protègerait. L’enfant a qui elle offrirait son amour. L’amour d’une mère. Elle avait tort. Il lui restait donc un but. Et quel but ! Jamais elle n’y renoncerait. Une lueur de défi s’alluma dans son regard. Un rayon de soleil perça. Peut-être seulement dans son esprit mais il lui arracha un sourire. Un sourire sincère. Un sourire de combattant…

Elle se retourna et croisa ses chambres au sol. Posture de sérénité. Elle était face au félin. Maintenant que le soleil ne jouait plus à se refléter sur le pelage de l’animal, elle le discernait mieux. Il avait une taille plutôt ordinaire, peut-être un peu plus élevée que la moyenne. Il est vrai que de loin, il ressemblait parfois à un petit lynx. Sa fourrure avait d’étranges chatoiements bleutés ce qui le rendaient unique. Son squelette saillant était plus que visible sous sa fine membrane. Preuve irréfutable de son manque de nourriture. Tant de maltraitance répugnait la jeune femme. Ce chat avait beau lui produire un mauvais effet, elle ne se réjouissait pas pour autant de son malheur. Elle se rappela tout de même que les chats, par les temps qui courraient, étaient représentaient comme les animaux du Diable. Le Diable. Le pire ennemi du pays. C’était sans nul doute pour cela que ce chat errait dans les environs de la ville, en quête de denrées abondantes. Apparemment, ses recherches n’avaient pas abouti… Elle aperçut aussi ses pattes puissantes dont les griffes acérées pointaient au dehors. Ses dents pointues suffisaient tout aussi bien à dissuader un quelconque ennemi. Elle ne savait pourquoi, mais elle pensait distinguer un sourire sarcastique derrière ces crocs. Pourtant, qui avait déjà vu un animal sourire ? Encore une illusion qu’elle se faisait… Puis, elle croisa son regard. Un regard qui pétillait d’intelligence et de malice. Un regard qui lui ordonnait de partir. Un regard chargé de haine et de cruauté. Mais comment une simple bestiole pouvait la regarder ainsi ? Même les humains n’osaient pas… Mais c’est vrai qu’elle surestimer peut-être les humains. Si cela se trouvait, ils étaient bien plus faibles que les animaux. Et elle n’avait certes pas l’intention de déguerpir sans en savoir plus. Et qui c’est ? Cet animal deviendrait peut-être intéressant ?

Mais comment entrer en communication avec cet animal ? Comment lui… parler ? Ils n’avaient pas le même langage, pas le même fonctionnement de vie, pas les mêmes coutumes… Quoique. Une idée venait de germer dans son esprit. Un sourire malicieux éclaira son visage. Elle ferma les yeux et se concentra. Elle appela en elle la magie. Les différents graphèmes défilèrent en elle. Elle s’arrêta sur celui de la communication entre les esprits : Berkana. Elle effaça les autres et ce dernier se dressa au centre, brûlant. Se concentra assez pour le garder en mémoire mais pas trop pour l’oublier, elle l’endormit. Et elle fit appel a deux autres graphèmes indispensables. Tout d’abord Elhaz, qui dégage le chemin. Utile pour traverser toute cette haine… Mais aussi Isaz, pour renforcer sa concentration et ne pas fléchir au moment ultime. Tout comme Berkana auparavant, elle les endormi. Enfin, elle les rassembla et les chauffa jusqu’à qu’il se fonde en un seul et unique graphème : Beteleir. Son Lokk était fin prêt. Il ne lui restait plus qu’à le projeter en direction de son futur interlocuteur. Elle n’avait jamais testé avec un animal mais cela devait être le même mode de fonctionnement. Et puis, de plus, il était à portée de vue ce qui rendrait le sort beaucoup plus simple et efficace. Trêve de monologues inutiles. Agir. Il fallait agir. Après avoir pris une grande inspiration, elle se jeta à l’eau. Ou plutôt elle jeta sa magie vers le félin. Aussitôt, elle sentit la présence de l’animal. Rassemblant tout son courage, projetant toute sa bonté et son amicalité dans ce seul mot, elle prononça :

*Bonjour…*


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MessageSujet: Re: Précieuse méditation   Sam 31 Mai - 20:25

[ Eh voilà ! Petit cadeau pour le week-end ^___^ ]


De la rage. Une rage immense, sans limite. Une rage qui enflait, qui montait, et qui bientôt allait exploser. De la cruauté pure. Il voulait la faire souffrir, il voulait la voir le maudire, il voulait la voir le haïr, au moins aussi fort que lui la haïssait. Bonjour ? Cette humaine avait brisé à jamais la magie de son univers et ne trouvait que cela à dire ? Bonjour ! Et par quel moyen en plus, grâce à cette honteuse et cent fois maudite extension de la pensée que les humains appellent respectueusement Magie. Un mépris sans mesure possible gonfla le cœur du chat. Il devait la châtier exemplairement, de cela il en était sûr. Il en allait de son honneur. Comment les humains pourraient le prendre au sérieux s'il ne savait pas se faire craindre ? Mais pourquoi se faire prendre au sérieux par ces viles créatures ? Cette pensée choqua profondément le félin, à un point que bien peu d'hommes peuvent imaginer. C'était comme si on demandait à un loup si l'opinion du lapin qu'il avait dans sa gueule avait un quelconque avis ! Totalement absurde. C'était la proximité de l'homme qui l'empêchait de réfléchir convenablement, il en était sûr.

C'est cette humaine qui aurait dû craindre la réaction du chat. Comment avait-elle pu imaginer qu'il se laisserait attendrir avec un simple "bonjour" niaisement prononcé ? Elle aurait du s'aplatir devant lui, se confondre en mille excuses, pour espérer seulement être un jour pardonnée. Elle aurait du déguerpir au plus vite, dès qu'elle avait senti sa présence. Car elle l'avait clairement ressentie. Le frisson qui l'avait parcourut à cet instant ne laissait aucun doute. Un frisson d'effroi, de peur, de terreur panique, devant la méchanceté et la colère qui animait son âme. Mais lorsque enfin elle l'avait vu, elle avait soupiré de soulagement, car elle croyait avoir affaire aux hommes. Elle croyait que simplement parce qu'il était petit, il était faible. Elle le sous-estimait. Comme tous les hommes qu'il avait tués, froidement, en les regardant mourir, en se délectant de leur souffrance.

Il pleuvait. Les noirs nuages avaient fini par crever, libérant enfin leurs multitudes de gouttelettes, qui tombaient avec fracas sur le sol calcaire. Aux rares endroits peuplés d'herbes, la végétation exhalait la joie de cette pluie inopinée. Il s'agissait d'une joie simple, pure, sans objet réel. Juste le ravissement d'une plante à l'idée de recevoir de l'eau. Le chat était persuadé que cette humaine, même si elle maniait la magie, était incapable de percevoir cela. D'ailleurs, manier la magie revient à clore ses yeux un jour de spectacle. Il existait tant de choses à ressentir dans le monde. Les magiciens ont des aptitudes naturelles, des sens plus aigus que la plupart des autres misérables deux-pattes. Mais l'utilisation de leur don est si impure, si malsaine... Comment ont-ils pu réussir à se fourvoyer ainsi sur le chemin de la perception, chemin si simple que tous les animaux le domestiquent instinctivement dès leur naissance ?

Pour cela elle devrait payer. Pas un instant il ne vint à l'esprit du félin qu'il pourrait peut-être lui apprendre à ôter son bandeau sensoriel pour enfin utiliser une magie propre, pure, immaculée. Elle ne savait pas se servir de l'Art, elle devait donc mourir pour éviter qu'avec elle perdure cette connaissance erronée. Elle devait mourir. Mais comment ? Car quelque part, l'humaine avait raison : il était faible. Elle avait éprouvé de la compassion, même nouée à un sentiment de soulagement qui l'avait envahie au même instant. Cela avait étonné le chat. Avait-il l’air si décharné que cela ? Les humains ont la mauvaise habitude de ne juger que sur l’apparence. Mais tout de même… Jamais personne n'avait eu pitié de lui. Jamais personne ne s'était occupé de lui. Sauf cet homme, ce clochard qu'il avait fini par tuer. Mais au fond, qu'est-ce que cela changeait ? Seulement que la femelle paraissait encore plus faible à ses yeux qu'auparavant...

Il avait trouvé le moyen. Sa faiblesse. La minuscule fissure qui ébréchait la solide muraille de son âme. Il avait eut des vagues sensations de sa peur, des visions fugaces avant qu'elle ne l'aperçoive. Des visions de mort, de peur et de sang. Un village. Un massacre. L'humaine tentait désespérément de fuir ces souvenirs qui la hantaient. Le félin percevait les agitations de son âme aussi bien que s'il s'agissait d'une mouche prise au piège dans sa toile. Elle ne voulait plus voir ces gamins éventrés, ces femmes violés, ces hommes torturés ? Eh bien, pour avoir gâché à jamais la magie de son endroit, elle allait les revoir, les ressentir, avec encore plus d'intensité que la première fois. Elle allait revivre l'évènement qui l'avait tant fait souffrir avec les sensations d'un chat. Et peut-être sa raison ne réchapperait pas à cette attaque de pure cruauté.

Alors il se saisit de son âme, d'une patte de fer, l'enserrant grâce au canal qu'elle avait ouvert grâce à la Magie. Sentir l'immonde souillure de cet art cent fois maudit répugnait au félin, mais il n'y avait pas d'autre moyen pour faire souffrir la femme. Il allait lui faire comprendre, ce que les hommes avaient fait à la nature, aux animaux, et même au vent qui souffle dans les arbres. Il allait lui montrer la face de l'homme, la véritable, celle constituée de bestialité sans bornes, de sadisme et de perversité. Il allait lui faire ressentir mille fois l'horreur que lui-même ressentait pour ces créatures à deux pattes. Il sondait ses souvenirs, ses sensations, sans aucune pudeur, sans faire attention à respecter son âme. Il allait la souiller au moins autant qu'elle l'avait souillé en communiquant avec lui par la Magie.

Le voilà, ce souvenir si cuisant. Cette douloureuse réminiscence, ce village incendié. Aussitôt, ils plongèrent dans cette parcelle de mémoire. Il l'y emmena avec fracas, avec brutalité.

Le sol était dur. Il faisait chaud. L'air était une véritable fournaise, un brasier vivant, empli de cris. Dans le ciel, la lune était rouge, par une singulière coïncidence. Elle illuminait de sa sanguinaire face le décors cauchemardesque du souvenir de la femme. Le chat avança de quelques pas dans ce paysage de désolation. Tout l'air embaumait la Peur. Les attaquants étaient venus pendant la nuit, et avaient commencé à tout saccager, à tout piller. Des corps à même le sol dégageaient une odeur putride, cette effluve infecte de mort. Il y avait de tous petits corps, qui faisaient de petits tas sur le sol. Une femme au regard hagard sortait de sa cachette pour passer à côté de ces petits tas, et elle poussait un hurlement de désespoir. Aussitôt les attaquants revenaient, et la violaient. Elle ne se débattait même plus. Elle se saisissait juste de son enfant mort, et le serrait sur ses seins, pendant que les brutes la pénétraient sauvagement. Le chat se retourna. La magicienne était à côté d'elle. Tant mieux. Elle avait vu toute cette scène. Elle avait ressenti toute la douleur de la femme, aussi intensément que le félin, leurs âmes étant plus intimement liées que celle d'un amant et de sa belle. Un rat passa en courant à côté de lui. D'un coup de patte, sa vie cessa. Il le porta à sa gueule, et l'engloutit.

Indolemment, le chat se lova sur une pierre, chauffée par un incendie tout proche. C'était très agréable. Quelques gouttes de sang restaient encore dans sa bouche, comme un arrière goût de festin, le meilleur qu'il ait fait depuis longtemps. Il avait encore une vague conscience de son corps, là-haut, immobile, détrempé par la pluie. Qu'il était agréable d'être ici. Décidément, le chat ne comprenait pas pourquoi l'humaine fuyait aussi prestement ce souvenir. Pour lui, il s'agissait sûrement du meilleur.


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Calith Nealyn
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MessageSujet: Re: Précieuse méditation   Dim 8 Juin - 18:27

Tentative désespérée. Totalement inutile. La faille qu’elle avait délibérément ouverte dans la Communication était une erreur. Une erreur irréparable. Le chat, sans bouger, imperceptiblement, s’était glissé dans cette ouverture. Se frayant un passage parmi toutes ses pensées tumultueuses, il était parvenu jusqu’au cœur de son esprit. Son âme. Parcelle filamenteuse insaisissable. Et pourtant… Et pourtant, sans aucun effort, l’animal s’en était emparé. Ses pattes l’avaient emprisonnée. Ses griffes acérées l’avaient lacérée jusqu’à la faire plongée dans son subconscient. Souvenir douloureux une nouvelle fois. Aucun échappatoire. Elle était sous le contrôle de cette petite bestiole mal nourrie. Quelle triste idée… Une idée insupportable. Mais elle n’avait d’autre choix que de s’y résigner. Pas d’autre choix que de suivre ce félin dans l’exploration de ses pensées. Toute sa vie défilait devant elle. Des détails qu’elle croyait avoir oubliés cheminaient dans sa tête. Mais elle n’avait à peine le temps de les examiner que le chat bondissait vers un autre souvenir. De longues minutes qui lui parurent durer une éternité s’écoulèrent ainsi.

Puis soudain, tout autour d’elle se figea. Ses pensées se rangèrent dans un ordre impeccable et l’une d’elle sembla les aspirer. Le fauve, au lieu de résister, s’engagea à l’intérieur sans l’ombre d’une hésitation et l’entraîna derrière lui. Tous les efforts de la magicienne furent vain et elle se retrouva à la suite de l’animal. Le décor prit lentement place autour d’eux. Ce qui était flou et vague devint clair et limpide. Calith ne savait pas ce qui allait survenir. Cette attende se révélait être éprouvante. En effet, toute son imagination s’était mise en route et elle redoutait de retomber dans un de ses cauchemars. Mais dès qu’elle aperçut les premières couleurs, son appréhension se dévoila être fondée. Elle discerna tout d’abord du noir. Un noir profond. Un noir absolu. Les ténèbres de la nuit. Une nuit sans Lune. Sans étoiles. Un contexte qui ne présageait rien de bon. Puis le orange illumina la scène. Le feu. Le feu qui dévastait tout sur son passage. Le feu qui brûlait tout. Des maisons aux plantes en passant par les habitants. Et le rouge. Rouge sang. Cette couleur qui tapissait tous les murs. Qui collait sous les semelles. Qui colorait le visage et la poitrine de beaucoup d’hommes. De beaucoup trop d’hommes…

Et le son lui parvint. Des cris stridents. Aigus. Des hommes qui hurlaient de douleur. Des femmes qui criaient de désespoir. Des enfants qui pleuraient. Les larmes. Ils ne leur restaient plus que ça. Des coups de feu. Le bruit des épées. Le crépitement du brasier. Le son d’une course. Une explosion. Une détonation. Un vrombissement. Et tous ces cris, ces lamentations, ces crissements, ces craquements qui résonnent autour d’elle.

Une chaleur infernale l’entoure. La faisant transpirer. Pourtant, ses mains et ses tempes restent glacées de terreur. Un goût âcre remplit sa bouche. La nausée lui vint rapidement. Elle cherche un peu d’air frais, d’air pur. Sa respiration se fait sifflante. Mais elle ne mourra pas. Tout ceci n’est que son imagination. Elle, elle est là-haut, sur le falaise, inconsciente. Elle respira calmement, oublie momentanément le massacre autour d’elle. Mais ce répit ne dure que quelques secondes.

Comment rester de marbre devant cette furie ? Tous ces enfants empilés, attendant d’être jeter dans le brasier, toutes ces femmes, violées dans les recoins sombres de la ville, tous ces hommes, impuissants à protéger leurs familles, tout cela, toute cette horreur la répugnait. Comment pouvait-on commettre tout ça ? Sans éprouver un instant un soupçon de culpabilité ? Comment ? Et comment, elle, pouvait-elle surmonter tout ça ? Ce film d’horreur la réveillait beaucoup trop les nuits, lui montrer son incapacité à avoir pu aider.

Et ce chat. Cette bestiole sans intérêt qui l’avait poussée à revoir toutes ses images de malheur. Il était à ses côtés et semblait se délecter de se spectacle insupportable. Il marchait parmi les victimes, se léchant les babines. Et elle le suivait, mécaniquement. Il attrapa un rat au passage, l’avalant tout rond, sans le déguster. Un peu de sang s’étalait sur ses poils. Mais il s’en moquait. Lové sur une pierre plate, sans doute chauffée par le feu qui montant sans cesse de plus en plus haut, il s’assoupit en ronronnant de plaisir. Comment pouvait-on s’endormir, là ? Dans toute cette terreur ? Cet animal ne pouvait pas être une bête ordinaire… Qui d’autre que le Diable pouvait se complaire dans cette situation ? Ses émissaires… Oui. Ce félin était une créature de l’Enfer, qui se nourrissait du malheur des autres. Un être qui se réjouissait de la souffrance. Qui la faisait souffrir délibérément. Elle qui n’avait que de bonnes intentions à son égard !

Une vague de colère l’envahit. Mais tout à sa nature, elle se contrôla et s’apaisa. Il l’avait emmenée dans son monde, c’était à son tour maintenant… Elle ferma les yeux, oublia ce qui l’entourait et ce concentra sur son esprit. Quelques instants plus tard, elle se retrouvait, toujours en compagnie du chat, dans le dédale de ses souvenirs. Sans laisser le temps au félin de se réveiller, elle fit succéder ses souvenirs. Les merveilleux paysages se relayaient. Des champs en fleurs, des arbres fruitiers, des montages enneigées, des lacs enchantées, une plage mystérieuse… Toutes ces merveilles naturelles étaient un vrai délice. Mais il n’y avait pas que cela… Tous les rires échangés avec ses défunts parents. Les moments si agréables passés avec ses amis, maîtres magiciens aussi. Une vue de loin de celle qui l’avait sauvée, Dahut, la princesse de ce royaume. Elle fit attention à ne pas montrer son doux visage car si le chat était bien un soldat du Diable, il ne fallait pas qu’il la trouve. Pas avant elle. Mais elle cessa de penser à cela. Le bonheur était devant elle. Dans tous ces souvenirs. Elle remarqua que ceux-ci étaient bien plus nombreux que le malheur. Sa force, elle la puisait dans ces instants magiques. Elle était forte. Bien plus forte que cet animal, qui ne faisait que se repaitre de la désolation et des supplices de ceux qui cohabitaient sur cette Terre. Il était temps d’en finir avec cette communication absurde. Elle ne le combattrait pas à l’intérieur de sa tête. Tout se jouerait sur cette falaise qui dominait les environs. Elle dominerait ce maudit chat…

Elle coupa en un millième de seconde le fil qui les reliait. Elle retrouva son corps. Elle se releva. Et de ses yeux déterminés, elle fixa la bête.
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MessageSujet: Re: Précieuse méditation   Ven 13 Juin - 19:49

[Manque d'inspiration évident... Désolé pour ce piètre message !]



La Panique. Une panique pure. Elle avait coupé le Lien. Mais son âme n'avait pas eut le temps de rejoindre son corps, encore bloqué là-haut, sans contrôle. Une envie de fuir. De s'échapper, de courrir. Mais il ne le pouvait pas. Il était coincé ici jusqu'à ce qu'elle rétablisse le Lien.

Sa tentative de se venger avait été désastreuse. Cette humaine était décidement particulière. Elle avait cru que la vision de paysages enchantés pouraient l'atteindre, d'une quelque façon, et peut-être le faire souffrir.
Pourquoi les humains sont-ils si manichéistes ? Le fait d'apprécier la douleur des autres ne rend pas forcément leur bonheur insuportable !

Il était à présent souillé définitivement, à jamais marqué par tous ces souvenirs qui allaient polluer son âme. Il n'était plus ni chat, ni homme. Il était une sorte de créature intérmédiaire, remplie des souvenirs d'une autres. Peut-être qu'avec le temps, cette ignoble tâche allait disparaître, dilué par l'Oubli. Peut-être. Le chat l'espérait foncièrement. Mais avant cela, il devait trouver un moyen pour se faire connaître à la femme.

En effet, elle avait coupé toute communication avec lui, et par conséquent, elle ne pouvait plus déceler sa présence, qu'elle soit interne ou externe à son âme. Le pire était qu'elle aurait pu d'une seule pichennette le renvoyer dans son corps, si seulement elle utilisait son don convenablement. Mais elle était si maladroite, si égarée sur le chemin de la Perception qu'elle ne sentait même pas une présence étrangère à l'intérieur même de son esprit !

Tout de même, le chat était quelque peu impressionné par le pouvoir de la femelle. Elle avait été si brusque dans la section du lien, elle avait opéré si vite qu'il n'avait même pas eu le temps de voir dans son esprit un prémice de l'action qu'elle prévoyait. Elle serait véritablement très puissante, si seulement avait la Connaissance. Comment faire comprendre à une personne qui croit penser seule que ses pensées de son pas les siennes ?

Une idée. Machiavélique. La femelle s'était retiré, croyant que l'âme du chat en ferait de même. Or, il était dans sa tête, et elle n'opposait plus aucune résistance morale. Le chat pouvait s'il le souhaitait parasiter ce corps d'humain, soumettre aussi facilement l'âme de la femelle que celle d'un moustique. Mais il ne le pouvait pas. Ce n'était pas décent de sa part. Cette manière d'agir avait toujours été méprisée par ses semblables, considérée comme contraire à la nature. Ce n'était pas lui qui allait risque de se mettre à dos l'Enrrè, l'ensemble des créature vivantes.

Difficile de résiter à la curiosité. L'âme de la femelle exerçait un attrait incroyable pour quelqu'un dénue de tout sentiment, de tout souvenir. C'est un peu comme lorsqu'un montreur de curiosité apparaît sur la Grand Place du village. Tous les badaux accourent, intrigués par l'étrangeté qui se meut devant leur nez. De même, le chat était fasciné par ces souvenirs puissament imprégnés de sentiments. Après quelques minutes d'une intense réflexion, le chat opta pour la voie la plus sage : lire les souvenir sans les pénétrer, à distance, non pas comme il venait de le faire avec la mémoire que la femme avait du pillage du village. Il en sortit, non sans difficulté, tant il était fascinant en émotions puissantes et contradictoires.

Souvenirs plats et habituels de l'enfances, des câlin, des cadaux, de l'amour. Mais il y avait autre chose... Quelque peu après l'enfance, un personnage très important était apparut dans la vie de la femme, qui était appellée par ses compagnons Calith. Un enfant, dont elle avait tenté de lui masque le visage, et qu'elle tentait désespérément de retrouver. Elle sillonnait le pays depuis plusieurs longues années, uniquement dans l'espoir que sa route croise celle de l'enfant. Elle devait lui apprendre quelque chose, quelque chose de vital. Calith avait eut de longues conversation à ce sujet avec trois hommes passablement âgés. Le problème résidait dans le fait que personne n'avait jamais vu l'enfant au centre de leurs longues conversations tardives.

Le chat l'avait déjà croisé. Parfois, au détours d'une colline, après le tournant d'un chemin, il entrevoyait le visage de l'enfant. Il n'y avait jamais fait attention. Pour lui, tous les humains était sans aucune importance. Qu'ils soient là ou pas ne changeait pas la face du monde... Mais cet enfant semblait avoir une importance si capitale aux yeux de Calith que le chat hésita quelques instants sur l'utilité des humains. Il pouvait aider la femme. Il devait l'aider. Car à présent, il savait ce que la femme comptait lui enseinger. L'art perverti et faux qu'elle avait usé sur lui, l'art honteux de la magie. Il ne pouvait pas laisser enseigner une chose aussi erronée à une personne aussi importante ! Cette pensée frappa le chat comme un coup de poing. Il pensait comme un humain : jamais un chat ne se serait soucié de ses semblables, s'il n'appartenait ni à sa porté, ni au couple parental. Or, il venait de penser à protéger tous ceux de son espèce ! Il devait vite sortir, avant d'être irrémadiablement mutilé de son âme de chat.

Il inscivit dans l'esprit de Calith plusieurs visions qu'il espérait suffisament explicites : le visage de l'enfant, un homme aidant un autre, puis enfin son corps immobile sous la pluie. Il sentait que celui ci déclinait, via la faible mais présente perception que la femme avait de lui. Il devait vite retouver son corps, sans quoi il serait coincé dans l'esprit de la femme à jamais !
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MessageSujet: Re: Précieuse méditation   Mar 1 Juil - 15:16

[Désolé pour tout ce retard et encore plus pour ce post médiocre... Pas d'inspi du tout... :/]



Libre. Enfin, elle était libre ! Débarrassée de ce maudit animal qui s’était introduit dans son esprit. La magie que lui avait enseignée Dahut était certes puissantes et très utile, mais elle pouvait s’avérer dangereuse. Très dangereuse. Elle venait de payer les conséquences de sa stupidité. Jamais elle n’avait utilisé la communication par esprit hormis avec ses deux confrères. Et pourtant, elle venait de le faire avec une créature dont elle ignorait tout. Un animal dont elle ne savait même pas ses sentiments et s’il œuvrait ou non pour le Mal.

Il fallait bien l’avouer, si elle s’était montrée si peu prudente, c’était surtout car elle s’était retrouvée devant un chat. Jamais elle ne se serait imaginée qu’une simple petite bête, dont la peau ne recouvrait qu’à peine les os, pourrait démontrer autant de volonté propre. Cet animal lui avait révéler sa capacité à penser. Il ne s’était pas laissé suivre par son instinct de chasseur pour la survie. Non, il avait délibérément chercher à la faire souffrir. Il avait résolument fouillé le moindre de ses souvenirs, les souillant et violant sa plus grande intimité. Tout ce qu’elle comptait comme une certitude était à présent remis en doute. La nature ne se dévoilerait jamais en son entier, et une fois de plus, elle livrait un nouveau mystère…

Mais maintenant, elle avait rompu le lien. Elle était de nouveau seule en elle-même, maître de son esprit et de son corps. Elle avait encore le souffle haletant et son cœur battait toujours plus vite que la normale mais tout en elle respirait la liberté retrouvée. Le chat était toujours là aussi, au loin. Elle n’apercevait que de vagues contours mais elle savait qu’il s’agissait bien de lui. Etrangement, il restait immobile. Elle avait beau plissait les yeux au maximum, elle ne décelait aucun mouvement provenant de l’animal. Cependant, elle ressentait toujours sa présence. Proche. Très proche. Trop proche… Depuis qu’elle avait établi ce puissant lien avec le chat, elle discerner avec facilité son aura parmi toutes les autres. Et cette aura, elle la sentait en elle-même. Ce qui ne pouvait signifier qu’une seule chose… L’âme du félin était encore dans son corps !

A présent qu’elle le savait, elle comprit que le petit fourmillement dans son esprit n’était autre que l’âme du chat qui visitait à sa guise ses souvenirs. Tous ces picotements désagréables l’affolait. Le rythme de son cœur accéléra et sa respiration se fit saccadée. Elle ne savait plus quoi faire et l’idée que l’animal puisse à sa guise explorer ses pensées la répugnait. Même la nature autour d’elle semblait lui dire qu’elle avait échoué. Le chant des oiseaux se fit plus fort et plus strident. Le vent s’accrut et fit gémir les feuilles des arbres. Au loin une pierre roula. […]

Mais Calith ne l’écouta pas. Elle avait retrouvé sa sérénité naturelle et ses tremblements avaient cessés. Elle réfléchissait. Elle cherchait vainement une solution pour libérer une âme de son corps. Si le félin était bel et bien dans son corps, il devait apercevoir le flot continu d’idées oiseuses. Aucune ne s’avérait fructueuse. Elle chassait rapidement toutes ces perspectives chimériques. Néanmoins, certaines images fixes restaient en place et dissiper toutes les autres. Elle abandonna l’idée de résister et les examina. La première était floue. Toujours ce même visage dissimulé. L’Enfant. Celui qu’elle n’avait pas encore trouvé. Elle essayait tant bien que mal de discerner un trait particulier mais tous ses efforts furent vains. Décidément, ce chat s’acharnait à la faire souffrir en lui montrant la seule chose qu’elle ne pouvait obtenir. Elle essaya de retenir cette image mais elle s’effaça lentement, laissant place à une nouvelle image. Un homme en aidant un autre. Quel était le sens, le but de cette image ? Que voulait encore lui faire comprendre ce pernicieux animal ? Lui demandait-il de… l’aider ? Ou de s’aider elle-même plutôt… Le message était clair. Elle devait l’aider pour être libérée. Être obligée de venir en aide à son ennemi pour se sauver était une fatalité absurde. Mais elle n’avait pas d’autre choix. Et puis, son but n’était-il pas de se servir de sa magie pour le Bien ? L’animal aurait une dette envers elle et même s’il faisait tout pour l’oublier, une dette reste éternelle. Alors qu’elle se faisait ces réflexions, l’image s’évanouit à son tour et fut remplacée par la dernière. Une vision du chat évanoui là-bas, immobile. Une image peu nécessaire mais cela la convaincu des intentions de l’animal. Dès lors, c’était à son tour d’agir…

Elle n’avait qu’à répéter le sort qu’elle avait opéré auparavant. C’était un enchantement complexe au premier abord mais qui nécessitait que très peu de puissance. Mais étant donné qu’elle devrait dirigé sa magie non pas vers un esprit mais un corps, elle devrait user de tout son pouvoir. Cette incantation la laisserait affaiblie, aux portes de l’inconscience mais étrangement, elle faisait confiance à l’animal. Une confiance aveugle. Elle espérait qu’il éprouverait un peu de gratitude en son égard et qu’il ne tenterait rien pour l’anéantir davantage. Elle n’avait, de toute façon, pas le choix. Et surtout, elle n’avait plus le temps d’hésiter. Elle se prépara.

Tout comme quelques instants plus tôt, elle appela en elle les différents graphèmes, Berkana, Elhaz et Isaz et les fondit en un unique : Beteleir. Cependant, contrairement à la première fois, elle insista davantage sur le graphème de la Communication, Berkana et vit celui-ci brûler d’une intensité nouvelle au centre de Beteleir. Elle était maintenant prête. Elle prit une profonde inspiration, fixa le corps sans vie du félin, et murmura d’une voix profonde :

« Toi le Bouleau, toi l’Oreille, toi qui ne fais plus qu’un avec la Brillante et le Cygne, puisque l’aveugle a besoin d’être guidé, crépite et brûle au-delà de l’espace et de l’exprimé, mène-moi à l’esprit désiré ! »

Ces quelques paroles qui paraissaient insensées renforçaient en réalité le sortilège. Mais pour autant, cela ne la rendait pas invulnérable. Elle sentait la vie qui s’échappait de tous les pores de sa peau pour aller dans la direction du chat. Il lui restait un ultime mot pour clore le sort. Mais elle n’avait plus de forces. Plus assez. Un seul mot et elle réussirait. Un seul mot…
Elle rassembla ses dernières forces et hurla dans l’air vide :

« BETELEIR ! »

Elle avait réussi. Pour une fois, elle n’avait pas échoué… Certes son esprit s’affaiblissait, certes le paysage dansait devant ses yeux, certes elle était tombé à genoux sur le sol rocailleux, mais elle avait réussi… Une bref sourire éclaira son visage avant que la lueur dans les yeux s’éteignent. Elle semblait endormie. Son doux souffle soulevait lentement sa poitrine. Le monde des songes s’ouvrait à elle… mais jusqu’à quand ?

La magie vibrait sur la falaise. Deux êtres inconscients étaient reliés par elle. Le Lien était rétabli.
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MessageSujet: Re: Précieuse méditation   Lun 14 Juil - 19:35



[C'est marrant : nos commentaires se plaignent tout le temps du manque d'inspiration de la platitude de nos RP... alors que l'on poste tout de même des messages conséquzents d'une bonne centaine de ligne ! On arrête la fausse modestie ? ^^]



Qu'il était doux de retrouver son corps ! D'avoir ses propres sentations, et surtout cette sentation de totale harmonie entre le corps et l'esprit. La femme avait été obligée de recréer un lien entre elle et le félin pour pouvoir le renvoyer dans son corps. Prestement, le chat le coupa aussi bien qu'il le pû. Cela valait mieux pour tous les deux. Il espérait que jamais la femme ne recréerait un lien avec un autre individus. Mais elle ne semblait pas au courant de la portée de ses actes. Elle pensait surement que le fait de rompre l'enchantement suffisait pour éliminer tout trace de ce lien entre les deux créatures... Quelle sottise ! Deux êtres liés une seule fois par la magie sont irrémédiablement liés, et ce à jamais...

C'est pour cela qu'il devait fuir au plus vite. Abandonner cette humaine qui l'avait touché plus profondément que jamais personne d'autre ne l'avais touché. Elle avait laissé sa marque jusque sur l'âme du chat, tout comme lui avait laissé sa marque sur la sienne. Et le pire, c'est qu'elle ne s'en rendait même pas compte... Il devait fuir avant que Cela n'arrive. La Chose interdite. L'Eveil des Sentiments, cette immonde chose abstraite propre aux humains. Chez eux, c'était une étape tout a fait naturelle dans le cycle de dévellopement de l'enfant. Mais chez les animaux, il s'agissait d'autre chose. L'Eveil était une étape cruxiale, où la bête choississait de lier sciement son âme à celle d'un humain. Ce lien est impossible à rompre une fois établi. En général, les animaux ne peuvent résister à l'envie de se lier, une fois qu'ils ont trouvé l'humain qui leur correspond. Ils peuvent alors s'avilir à un point qu'ils n'auraient jamais imaginé auparavent, uniquement pour pouvoir suivre cet humain qui leur semble si particulier. Cet Eveil des Sentiments ressemble quelque peu à ce que les hommes appellent le Grand Amour. A ceci près que les animaux ne sont capable de se lier une seule fois dans leur vie, et qu'ils se trompent rarement. Chaton, il s'était promis que jamais il ne se lierait à personne. Même envers sa mère, il n'a jamais éprouvé un quelconque sentiment. Mais peut-on faire semblant d'ignorer un évenement aussi important que le fait de partager un corps ?

C'est pour cela qu'il devait fuir. Il devait préserver son indépendance, le seule chose au monde qui lui ai jamais appartenu. Prestement, il tourna les pattes et galopa sous la pluie. Il courut tant qu'il pu, c'est à dire pas très longtemps, tant il était épuisé. A peine avait-il parcourut quelques mètres qu'il s'arrêta. Son corps n'avait plus aucune force. Cela faisait plusieurs jours qu'il n'avait pas mangé. Un Appel. Sa mère le lui avait bien fait comprendre, alors qu'il n'était qu'un faible chaton à peine né : un animal sans Lien est un bien pauvre animal. La malheureuse ! Elle s'était liée à un chasseur de rats ! Elle se faisait exploiter du matin au soir, et ne protestait jamais, même si l'homme lui infligeait les traitements les plus durs qui soient. C'est pour cela que le félin avait décidé de ne jamais être le compagnon de personne ! Mais cet Appel ! Il était impossible de lui resister ! Il résonnait en lui, comme une immense corde vibrante, qui faisait résonner à l'unisson son esprit et son corps... Comme à regret, il se retourna pour voir la femme. Un étrange sentiment s'empara de lui. Le premier sentiment qu'il ai jamais éprouvé. Le moment qu'il redoutait tant était arrivé. Il ne pouvait à présent plus fuir. L'Eveil des Sentiments était présent en lui.

C'était une étrange sensation. Il avait envie de protéger la femme contre la pluie. Juste cela. Il voulait juste protéger la femme de la pluie qui dégoulinait en grosses gouttes le long de son corps allongé. Elle sembait si faible. Si fragile. Il n'était pas décent de ne pas la protéger. Elle s'était affaibli de son plein gré pour que le chat retrouve son corps. A petit pas, comme s'il avait peur, le chat s'approcha. Il sentit la respiration faible de la femme, son souffle court, haletant, chaud. Le contact de sa peau. Elle était si douce ! La femme dégageait beaucoup de chaleur, et un agréable parfum. Mais étrangement, elle grelotait. C'est vrai qu'il faisait froid. Etalée ainsi à même le sol, il ne pouvait lui arriver que du mal. Il fallait qu'elle se relève. Absolument. Il fallait qu'elle marche pour fuir la pluie. Mais elle était trop faible. Le chat blottit son corps contre celui de la femme. Il espérait naïvement que la chaleur de son corps squelletique allait réchauffer la femme. Soudain, la pluie s'arrêta, de la même manière qu'elle avait commencé. Le chat se serra encore plus contre la femme. Finalement, ce n'était pas si désagréable. C'était même à vrai dire une merveilleuse sentation. Ils se réchauffaient tous deux, anciens énemis trop épuisés pour se battre encore.

Le chat était Attaché à la femme. Pour la première fois, il éprouvait de l'affection.
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